Cet article met en dialogue la nécrogéographie et lagéographie morale pour examiner comment les morts partici-pent non seulement à la production de l’espace, mais aussi àcelle de la vie morale. S’appuyant sur une ethnographique duterrain mené dans des villages musulmans de Bosnie-Herzégovine, il explore comment les transformations postso-cialistes et post-guerre en matière de mobilité, de sociabilité et de modes de vie ruraux ont reconfiguré l’espace villageoiset son ordre moral. Alors que la littérature géographiquea montré que les morts peuvent exercer uneforme d’agentivité à travers des relations matérielles et affec-tives, elle accorde une attention limitée à la manière dontcette agentivité contribue à la charge morale de l’espace.Dans cet article je soutiens que les morts agissent commeco‑agents dans la construction de géographies morales.L’analyse retrace un décalage entre les rencontres pré-guerres avec des fantômes impersonnels dans des espacescommuns, notamment les cimetières, et des rencontrescontemporaines avec des morts familiers au sein des rêves etdes foyers privés. Cette transformation reflète des change-ments plus larges dans les pratiques spatiales quotidienneset les relations sociales, dont le déclin du voisinage en tantqu’institution morale ainsi que le déclin des interactions entrevoisins. Alors que les rencontres spectrales renforçaient autre-fois des éthiques communautaires de soin, de réciprocité et derespect, les interactions avec les défunts apparentéssoutiennent désormais davantage des obligations et valeursfondées sur la parenté. L’article montre que l’agentivité desmorts est historiquement contingente, spatialement médiée etimpliquée dans la reconfiguration morale de la vie rurale.Este artículo dialoga entre la necrogeografía y la geografía moralpara examinar cómo los muertos participan no solo en laproducción del espacio, sino también de la vida moral. A partirde un trabajo de campo etnográfico en la Bosnia y Herzegovinarural musulmana, explora cómo las transformaciones post socia-listas y de posguerra en la movilidad, la sociabilidad y los mediosde vida rurales han reconfigurado el espacio de las aldeas y suorden moral. Si bien la investigación geográfica ha demostradoque los muertos pueden ejercer influencia a través de relacionesmateriales y afectivas, ha prestado poca atención a cómo dichainfluencia contribuye a la carga moral del espacio. En esteartículo, sostengo que los muertos actúan como co agentes enla construcción de geografías morales. El artículo traza un cambiodesde los encuentros prebélicos con fantasmas impersonales enespacios comunitarios, especialmente cementerios, hasta losencuentros contemporáneos con muertos conocidos en sueñosy hogares privados. Esta transformación refleja cambios másamplios en las prácticas espaciales cotidianas y las relacionessociales, incluyendo el declive de la interacción vecinal y delvecindario como institución moral. Si bien los encuentros conespíritus antes reforzaban la ética comunitaria del cuidado, lareciprocidad y el respeto, las interacciones con parientes falleci-dos sustentan cada vez más las obligaciones y los valores basa-dos en el parentesco. El artículo demuestra que la agencia de losmuertos es históricamente contingente, está mediada espacial-mente y está implicada en la reconfiguración moral de la vidarural.
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