L’adoption de la stratégie de Lisbonne en 2000 a marqué le début d’une politique européenne en matière d’éducation (des adultes) définie sur la base d’objectifs, d’outils de mise en œuvre et de ressources financières communs. Dans ce cadre, la politique d’éducation des adultes, qui s’exerce selon le « droit souple » (soft law), s’appuie sur différents mécanismes de gouvernance et instruments politiques, tels que des dispositifs de financement. L’étude présentée dans le présent article analyse l’impact du programme Erasmus+ sur le système slovène d’éducation des adultes, ses organisations, ainsi que sur le développement professionnel des éducateurs et des apprenants ayant participé à des mobilités d’échanges en Slovénie. Elle est étayée par des recherches sur la gouvernance européenne en matière d’éducation des adultes et recourt à des méthodes mixtes pour évaluer les effets du programme à trois niveaux : micro, méso et macro. Les données quantitatives ont été recueillies par le biais d’une enquête menée auprès de 51 organisations d’éducation des adultes. Les données qualitatives sont extraites d’une analyse documentaire des politiques nationales d’éducation des adultes, et ont été également réalisées sur la base de cinq groupes de discussions réunissant 23 participants issus d’organisations sélectionnées, de trois autres groupes de discussions composés de 12 apprenants adultes et de quatre entretiens individuels avec des décideurs politiques et coordinateurs de projets. Les résultats soulignent le rôle important d’Erasmus+ dans le développement professionnel des organisations, des éducateurs et des apprenants impliqués dans l’éducation des adultes non professionnelle. Ils contribuent aussi éminemment à la promotion des objectifs sociaux et au rééquilibrage de la politique européenne d’éducation des adultes principalement axée sur la formation professionnelle.
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